Votre nom de domaine n'est peut-être pas à vous
Trois pièces composent votre site, et elles peuvent avoir trois propriétaires. Le test en deux minutes qui dit si votre domaine est vraiment à votre nom.
C'est une conversation qui revient plusieurs fois par an, toujours dans le même ordre. Quelqu'un veut refaire son site, ou simplement corriger un horaire. Le prestataire qui l'a fait ne répond plus, a quitté l'île, ou demande une somme pour rendre la main. Et c'est à ce moment-là, jamais avant, qu'on découvre que l'adresse du site n'est pas à son nom.
Personne ne pose la question au moment de signer. Elle ne coûte rien, et elle vous évite deux ans de blocage.
À qui appartient votre site web ?
Un site n'est pas un objet unique, c'est trois choses distinctes : le nom de domaine, le contenu avec le code, et l'hébergement. Chacune peut appartenir à quelqu'un d'autre que vous, et rien à l'écran ne le montre. La seule qui soit vraiment irremplaçable est le nom de domaine.
C'est lui qui figure sur vos cartes, sur votre enseigne, dans votre fiche Google, dans les liens que d'autres sites ont posés vers vous depuis des années. Un hébergement se change en un après-midi. Une adresse, non : elle emporte votre référencement, vos emails et votre réputation avec elle.
Le test en deux minutes
Ouvrez lookup.icann.org et tapez votre nom de domaine. La ligne Registrant indique le titulaire déclaré. Si vous y lisez le nom d'une agence, vous n'êtes pas propriétaire de votre adresse.
Beaucoup de registrars masquent désormais ces informations pour des raisons de protection des données, et vous verrez alors une mention générique. Dans ce cas, deux questions font le même travail. Avez-vous déjà reçu, vous, un email de renouvellement pour ce domaine ? Et possédez-vous un identifiant pour vous connecter au compte où il est enregistré ? Si la réponse est non aux deux, le domaine est tenu par quelqu'un d'autre.
Les trois pièces, et qui doit tenir quoi
Le nom de domaine. À votre nom, avec votre adresse email et votre moyen de paiement. C'est la pièce la moins chère du dispositif, une quinzaine d'euros par an pour un .com, et de loin la plus critique. C'est aussi elle qui porte votre messagerie : sans le domaine, vous perdez aussi votre adresse email professionnelle et tout l'historique qui va avec.
Le contenu et le code. Vos photos, vos textes, vos fiches. Gardez systématiquement les originaux sur votre propre disque, en dehors du site. Pour le code, la question est le format : un site construit sur un outil propriétaire ne s'exporte généralement pas, ou sort sous une forme inutilisable ailleurs. Ce n'est pas malhonnête, c'est la nature de l'outil, mais il faut le savoir avant, pas après.
L'hébergement. La pièce la plus remplaçable, et celle dont on s'inquiète le plus à tort. Si vous détenez le domaine et une copie du site, changer d'hébergeur est une opération d'une journée.
« Je paie un abonnement, tout est inclus »
Un abonnement n'est pas un piège en soi. Il peut payer un vrai service : mises à jour, sauvegardes, corrections, quelqu'un qui répond le dimanche quand la réservation ne marche plus.
La seule question qui compte est celle-ci : si j'arrête de payer demain, qu'est-ce qui reste ? Si la réponse est « rien », vous ne payez pas un site, vous le louez. À 80 € par mois, cinq ans représentent 4 800 €, au terme desquels vous ne possédez toujours rien.
C'est un choix défendable si vous le faites en connaissance de cause. Nous avons pris l'autre route, avec des prix affichés payés une fois, et nous l'assumons page par page sur notre agence web à Saint-Barthélemy, où le modèle de l'abonnement mensuel est le plus répandu de l'archipel.
Ce qu'il faut demander avant de signer
Quatre questions, à poser à n'importe quel prestataire, nous compris. Un professionnel honnête répond à chacune en une ligne, sans détour.
Le nom de domaine sera-t-il enregistré à mon nom, avec mon adresse email ? Si j'arrête demain, qu'est-ce qui reste en ligne ? Puis-je récupérer le code et les photos, et sous quel format ? Qui reçoit les avis de renouvellement ?
Gardez les réponses par écrit. Un email suffit, et il vaut mieux qu'un contrat que personne ne relira.
Si le domaine n'est pas à votre nom
Ce n'est pas perdu. Un nom de domaine se transfère : vous demandez au titulaire actuel le code de transfert, il déverrouille le domaine, et l'opération prend quelques jours chez votre nouveau registrar. La plupart du temps, la demande suffit.
Si elle est refusée, il existe des procédures auprès du registrar, mais elles sont longues. La solution de repli consiste à acheter une adresse voisine et à rediriger, ce qui coûte cher en référencement et sème la confusion chez vos clients. Quant au site lui-même, s'il a été construit sur un outil fermé, il se reconstruit plutôt qu'il ne se récupère.
D'où l'intérêt de faire le test maintenant, pendant que ce n'est qu'une curiosité, plutôt que le jour où vous avez besoin de changer quelque chose en urgence.
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